Paquetá, banlieue insulaire de Rio

L’île de Paquetá se situe dans la baie de Guanabara, à une heure de ferry du centre de Rio de Janeiro, au Brésil. Un petit coin de paradis, loin de l’agitation carioca.

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La « barca » largue les amarres aux abords de la Praça XV. Les immeubles et petits gratte-ciel du Centro de Rio de Janeiro s’éloignent. Une église étranglée entre les tours fait office de stigmate du temps de la colonisation dans ce quartier d’affaires. L’enceinte du port, les navires de guerre de l’armée brésilienne et un ancien fort portugais s’ouvrent sur la baie de Guanabara.

La traversée pour se rendre du centre de Rio à l’île de Paquetá dure environ une heure. Passage obligé, le parking des pétroliers et autres porte-containers. Ces navires de 100 à 200 mètres de long, véritables immeubles au beau milieu de la baie, attendent, immobiles,  un prochain tour du monde. Mais c’est le pont de Niterói qui fait office de patriarche ici. Il porte le nom d’Arthur da Costa e Silva, l’un des chefs de la dictature militaire qui a eu lieu au Brésil de 1964 à 1985. Long de près de quatorze kilomètres, il supporte une 2×4 voies sous laquelle passent les navires. Au loin le Christ Rédempteur scrute lui aussi la baie, fixé comme une excroissance au sommet Corcovado, « le bossu ».

Jusqu’aux derniers instants, l’île conserve un peu de son mystère, l’embarcadère se situant sur son flanc opposé. Elle a des allures de petit paradis cette petite bande de terre cachée au fond de la baie. L’air y est plus frais et surtout moins bruyant que sur la côte. Á peine amarré, le bateau se vide et le flot de passagers se disperse rapidement dans les quelques rues qui jouxtent l’embarcadère et qui constituent les rues principales de Paquetá. Ici les chauffeurs de taxi ont troqué leurs voitures, interdites sur l’île comme tous les véhicules à moteur, contre des pousse-pousse électriques et des calèches tirées par des chevaux souffreteux. L’unique transport en commun est un wagonnet sur roues tiré par un tracteur.

L’île est peu étendue, on en fait le tour en trois heures, et compte environ 4.000 habitants –mais tout de même deux équipes de football. Un baobab trône en bord de mer, fier de se faire photographier. Les oiseaux ont leur cimetière, les poissons leur marché et les cariocas leur barbecues portatifs. Les quatorze plages de Paquetá montrent chacune un panorama différent dont les premiers à profiter sont les hérons, posés sur les embarcations et les galets géants qui dépassent de l’eau. L’une des plus belles plages est sans doute la Praia dos Coqueiros avec sa vue sur la chaîne de montagne qui s’élève à l’Est de Rio et qui comprend le Parque Nacional da Serra dos Órgão et son Dedo des Deus (« Doigt de Dieu »).

Enfin, pour les amateurs de littérature et d’histoire, il faut noter que les premiers européens à avoir inscrit cette île sur une carte sont des français. C’est le géographe André Thevet qui l’évoque le premier, lors de l’expédition menée par Nicolas Durand de Villegaignon en 1555. Cette expédition secrète, menée sous Henri II, visait à implanter un établissement colonial au Brésil : la France Antarctique. Une entreprise coloniale qui dura 5 ans. Les français se sont associés aux indigènes, les indiens Tamoios et Tupinambas, vivant notamment sur l’Île de Paqueta et ont construit un fort, le fort de Coligny, sur une petite île toute proche, l’île de Serigipe. C’est la trame du roman « Rouge Brésil » de Jean-Christophe Rufin publié en 2001.

Même si cinq cents ans plus tard on ne croise plus d’indiens sur ce petit bout de terre, l’île reste tout de même assez préservée de l’empreinte de l’homme. Ici, les rues sont en terre ou pavées, les arbres fruitiers sont des marchés sur troncs, la pêche se pratique à taille humaine et des dizaines d’espèces d’oiseaux y gardent leur repaire. Hors du temps et loin de l’agitation urbaine, Paquetá reste un havre de paix pour tous les visiteurs venus pour une ou deux journées d’excursion.

Texte, photos et vidéos :
Caroline Pothier & Grégory Salomonovitch

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2 réflexions sur “Paquetá, banlieue insulaire de Rio

  1. Tres belles photos et articles! Obrigado! Profitez-en bien, et continuez a nous-faire partager tout ça!

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