Cocu, mais que son pain est bon !

Ingénieur reconverti en boulanger et chef d’entreprise, Morgan Chauvel a ouvert la boulangerie Cocu il y a un an dans le quartier chic de Palermo à Buenos Aires, à l’angle des rues Malabia et Gorriti.

Se retrouver au four et au moulin, rien de plus normal pour un boulanger. Le parcours de Morgan Chauvel n’a pourtant rien d’ordinaire. À 28 ans cet ancien ingénieur est à la tête de la boulangerie Cocu, l’une des plus en vogue de Buenos Aires. S’il a deux associés, c’est lui qui a eu l’idée de lancer le business en partant d’un constat simple :

« En me baladant dans les rues de Buenos Aires, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de boulangeries. D’ailleurs, les argentins consomment plus de pain que les français. Mais leur pain n’est vraiment pas bon ! Donc je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire là-dedans. Et en plus, ici, tout ce qui est français fait rêver ! »

Après plusieurs mois à profiter des charmes de la capitale argentine, un soir autour de quelques bières, il s’est lancé avec son ami Adrien –et associé- dans l’aventure Cocu. Ce qui apparaissait au départ comme un challenge s’est rapidement concrétisé : études de marché, business plan, investissements. Ne restait qu’à savoir comment faire des croissants.

DIX MOIS DE FORMATION

La motivation première de Morgan dans cette entreprise était de se lancer dans un travail manuel. Et de faire du bon pain. Si les deux amis ont cru au départ pouvoir apprendre via des tutoriels vidéo sur internet à faire des croissants, ils se sont vite rendu compte que devenir boulanger ne se faisait pas devant un écran d’ordinateur.

Morgan a donc décidé de mettre la main à la pâte et d’aller se former directement auprès d’artisans français. Il a alors contacté une dizaine de professionnels de Châteauroux à Antibes, en passant par Londres et la Martinique.

« J’étais apprenti, au début je nettoyais le sol et petit à petit on me laissait faire des croissants aux amandes, puis toute sorte de produits. »

Ses différentes expériences lui ont appris beaucoup en un temps record. En Martinique, il a dû faire avec l’humidité qui impacte la qualité de la pâte. Un problème qui se pose aussi à Buenos Aires. À Châteauroux, il a vécu de près la dure réalité du métier de boulanger : des horaires décalés et une vie intime décousue. Ce qui n’est pas sans rappeler l’intrigue du film de Marcel Pagnol, « La femme du boulanger ». Une histoire qui lui a inspiré le nom de sa boulangerie. « Cocu », un nom qui interpelle les passants du quartier chic de Palermo et qui invite les francophones à pousser la porte de son établissement.

LE « FRENCHY » A SÉDUIT 

La boulangerie est ouverte sept jours sur sept depuis début 2014 et compte douze employés. Dont six boulangers à plein temps que Morgan a formé lui-même. Si la baguette est le produit phare de la maison, croissants et chocolatines s’arrachent comme des petits pains. Mais ce qui fait le succès de Cocu, c’est sa salle :

« Il y a quelques boulangeries françaises à Buenos Aires. Elles fonctionnent mais sans plus. Les argentins n’ont pas la culture d’aller chercher leur pain chaque jour comme en France. En revanche, ils aiment s’asseoir pour manger à toute heure de la journée. »

Tables rustiques, artisans à bretelles et bérets qui s’affairent devant la clientèle, sacs de farine en arrière-plan… tout y est pour ajouter du cachet au lieu. Sans compter les charmantes serveuses qui vous appellent par votre prénom lorsque votre commande est prête. Une adresse qui séduit argentins, touristes, et même des ambassadeurs.

Un peu plus d’un an après son inauguration, Cocu est une affaire qui marche. Un business pourtant risqué dans une ville où les commerces sont souvent éphémères. Le niveau peu élevé des cotisations patronales sur les salaires et les prix de vente, quasiment identiques à ceux pratiqués en France, permettent à Morgan de faire tenir sa boutique tout en rémunérant ses employés au-dessus du salaire moyen.

Le concept qui a pris forme avec Cocu attire les investisseurs et Morgan a déjà eu plusieurs propositions pour ouvrir d’autres magasins en Amérique latine. Mais lui et ses associés préfèrent pour le moment rôder le fonctionnement à petite échelle de l’entreprise. À terme, Morgan souhaiterait faire de Cocu une franchise et répandre ainsi le savoir-faire du bon pain à la française en Argentine.

Texte et photos :
Caroline Pothier & Grégory Salomonovitch

Le site internet de la boulangerie Cocu à Buenos Aires :
www.boulangeriecocu.com

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7 réflexions sur “Cocu, mais que son pain est bon !

  1. Pingback: Bons plans en Argentine | Repérages

  2. Bravo morgan cest super courageux ce que tu as fait cest ma mère marie eglè qui m’a raconté ton histoire je trouve ca genial j’aimerai bien voir le reportage pourras tu me dire les references que je dois taper sur internet pour te voir lä jai vu sur ce site les photos trop bien bravo tu dois pas te rapeller de moi je connais tes parents jai du te garder avec guenaelle quand tu etais petit baby sitting felicitation bonne continuation caroline motte

    • Nous avons transmis votre message à Morgan. Pour le reportage sur TF1, vous devez taper « tf1 replay » et cliquer sur la case « Reportages » dans l’édition du weekend de Claire Chazal. Malheureusement, je pense qu’il est trop tard, les sujets ne sont hébergés qu’une semaine. Nous ne manquerons pas de vous aiguiller si nous trouvons une solution!

  3. Ça donne envie j’ai toujours aimé la  »gastronomie » moi, qui sait après mon DUT je vais peut-être me reconvertir ^^ il était ingénieur en quoi ?

  4. Un petit clin d’oeil à Raimu bien évidemment et notre savoir faire en la matière exporté en Argentine. Belle et intéressante expérience pour ce jeune français. Quand à vous deux vous avez du être ravis de manger du bon pain.

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