Enfin en tournage !

C’était l’un des objectifs de notre voyage : nous lancer dans un projet de documentaire. Après avoir parcouru pendant dix mois les routes d’Amérique latine à la recherche d’un sujet qui nous ferait vibrer, nous avons enfin eu LE déclic dans la ville de Cusco au Pérou (voir les coulisses en photo en fin d’article).

Voici un mois et demi que nous nous trouvons au Pérou et presque autant de temps dans la cité coloniale de Cusco, porte d’entrée de sites incas comme le Machu Picchu ou le Choquequirao. Depuis le départ, nous avons posé nos valises (ou plutôt nos énormes sacs-à-dos) au sein de l’association Qosqo Maki, organisation qui vient en aide aux enfants et adolescents en situation de rue en leur offrant un hébergement. Une structure fondée il y a plus de 25 ans par la tante d’une amie de Grégory. Nous étions donc attendus et attendions cette rencontre.

Après avoir rayonné à plusieurs reprises dans la région, s’est posé la question fatidique : « On fait quoi maintenant ? » Et pour une fois, ni l’un ni l’autre n’avait envie d’aller voir ailleurs. Un sentiment motivé entre autres par les conversations que nous avions eues avec certains usagers du dortoir. Moyenne d’âge 14 ans. Situations familiales difficiles. Tous, enfants de la rue. Un déclic s’est alors produit : Et si on racontait leurs histoires ?

Et si pour une fois on n’écrivait pas un reportage sur notre blog – qui sera seulement lu par trois pelés et un tondu – mais qu’on faisait un film ? Et si on le tenait enfin ce projet de documentaire ?

LA CHANCE NOUS SOURIT

Dimanche 27 juillet, nous évoquons le sujet avec certains membres de l’équipe pédagogique de Qosqo Maki. Seul obstacle à la réalisation du projet : le matériel. Ayant fait le choix de laisser notre équipement audiovisuel en France, nous devons soit en louer soit nous rapprocher des télévisions locales et proposer une collaboration. Nous optons pour la deuxième solution. Nous sommes mis en contact avec Apu, ancien usager du dortoir qui travaille comme cameraman chez Télénet, un des canaux de diffusion de Cusco. Nous déjeunerons avec lui le lendemain.

Lundi 28 juillet, nous rencontrons Apu sur fond de fête nationale. Entre une bouchée de cochon d’inde (spécialité locale) et de yuca frit, il nous annonce qu’il accepte de mettre à notre disposition matériel de tournage et poste de montage. Nous manquons de nous étouffer avec notre mets peu ragoûtant. Cette nouvelle nous enlève une bonne épine du pied.

Mardi 29 juillet, vérification de l’équipement au siège de Télénet. Pour ceux qui s’y connaissent un brin : caméra dotée d’une seule entrée son (et pas en XLR), deux bagues, mise au point capricieuse, pas de micro directionnel, Adobe Première… Bon, on ne va pas faire les fines bouches, on prend ! A condition d’échanger notre expérience journalistique française avec les employés de la chaîne. On nous propose de passer en direct dans moins de deux minutes. Polaires Quechua, cheveux gras… On remet ça ?

Le soir même, nous présentons le projet aux premiers intéressés : les ados. Trois d’entres eux se portent volontaires pour participer au projet.

Vendredi 1er août, ça y est ! Équipés d’une caméra, d’un micro-cravate et d’un trépied, nous suivons tôt le matin Haldair sur son lieu de travail, une menuiserie. Haldair est l’un des premiers enfants avec qui nous avons échangé, avec qui nous avons créé des liens avant même de penser à faire un film. En commençant le tournage avec lui, nous nous assurions des débuts prometteurs. Le résultat a été à la hauteur de nos espérances.

NOTRE APPORT

Le travail des enfants fait partie intégrante de l’économie de pays comme le Pérou ou la Bolivie. Nombreux sont ceux qui contribuent ainsi aux revenus de leurs parents. Il y a eu, il y a et il y aura toujours des enfants en situation de rue. Notre objectif n’est pas d’analyser les causes et les conséquences de ce phénomène, beaucoup d’autres l’ont fait avant nous. Ce qui nous démarque c’est que nous donnons entièrement la parole à nos personnages. Pas de voix off, pas d’intervention d’adultes. Seulement la vision de ces adolescents: premières nuits passées dans la rue, débrouille, premiers boulots, buts dans la vie… Âgés de 14 à 16 ans, Haldair, Alex, Carlos Raul et Alexander ont partagé avec nous leur quotidien, leurs souvenirs et leurs rêves.

En quinze jours, nous avons quasiment achevé le tournage. Les interviews sont bouclées, la trame se tient et le montage est déjà bien avancé. Nous vous donnons donc rendez-vous bientôt pour découvrir leur histoire. Gañadores !

Texte et photos :
Caroline Pothier & Grégory Salomonovitch

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6 réflexions sur “Enfin en tournage !

  1. Hâte de voir votre documentaire. Ai déjà séjourné plusieurs fois à Cusco chez Isabel en mission pour l’APPEL qui soutient depuis des années le « dormitorio ».

  2. Pingback: Soutenez notre premier documentaire ! | Repérages

  3. Vraiment hâte de voir les premières images de votre docu! Quelques extraits en avant-première peut-être sur votre site? En tout cas, c’est vraiment génial que vous ayez trouvé un si joli sujet de docu. Et je croise fort les doigts pour qu’il trouve un/des diffuseurs! On y croit!

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