Hey, Mister DJ !

« Parties de pouces en l’air », c’est la chronique de nos expériences en « stop », « hitchiking », « carona », « a dedo ». Parce que notre voyage n’aurait pas été le même sans les rencontres que nous avons faites sur le bord des routes.

  • Pays : Brésil
  • Trajet : Ilheus – Valença
  • Distance : 160km
  • Durée : 7h

– « Vous aimez la techno ??? »

Comment te dire… Non, la techno ne fait pas partie de nos habitudes musicales mais comme nous ne voulons pas froisser un conducteur qui a bien voulu nous faire monter dans son véhicule, nous allons sourire et faire semblant sur quelques kilomètres. Sauf que nous ne nous trouvons pas avec n’importe quel automobiliste. Il s’agit de DJ Joca, et DJ Joca, il en envoie des décibels et pas que dans son 4X4 suréquipé en baffles qui lui bouffent la moitié de son coffre. Il est connu pour ses mix sur toute la côte de Bahia. Pour le plus grand plaisir de nos oreilles…

– « Vous aimez le café ? »

Ah bah oui, tiens, on ferait bien une petite pause. Nous voilà déjà à la sortie d’Ilheus, Joca nous emmène chez des amis. Arrivés devant leur porte, il coupe le moteur mais pas le son. Et ouvre son coffre pour que tout le voisinage en profite. Au Brésil, écouter de la musique FORT et en public, c’est normal. Il nous invite à entrer, ses amis sont à l’étage.

– « Y’a du café ? Comment ça, non ? Bon bah, on repart ! »

L’arrêt aura été de courte durée. Sur la route qui longe l’Océan, Joca nous montre tous les clubs où il se produit. De gros complexes à même la plage. La haute saison n’a pas encore commencé, certains bâtiments paraissent désaffectés. Puis, il braque sur la droite et emprunte un chemin de terre.

– « J’ai quelque chose à vous montrer. »

Cette fois-ci, DJ Joca coupe tout. On est chez lui, ou plutôt, devant le futur centre culturel qu’il souhaite créer.

Ecole de musique, de capoeira, de théâtre, de danse… Et un patio réservé à sa passion première, les platines. Joca déborde d’idées. Et l’espace se prête à accueillir les plus folles d’entre elles. Soudain, notre regard est attiré par des cadres accrochés au mur. Il s’agit de représentations d’orixás, ces divinités vénérées par les fidèles du candomblé, mélange de rites africains et de catholicisme. Un culte répandu au Brésil, pratiqué majoritairement dans l’Etat de Bahia, dont les origines remontent à l’époque coloniale. Joca dans son centre souhaite mettre en avant la culture afro-brésilienne via les cérémonies de candomblé, mais aussi à travers la pratique de la capoeira, cette lutte déguisée en danse pour paraître inoffensive aux yeux des esclavagistes.

Joca l’hyperactif nous aura, l’espace d’un court trajet, montré bien des facettes du Brésil avant de nous déposer sur le bas côté, face à la baie d’Ilheus. Nous aurons tout le temps de rêvasser dans le véhicule suivant : un poids-lourd avec une vitesse de pointe de 50km/h.

Illustration : 
Ray Clid (voir son blog)

Texte et photos :
Caroline Pothier & Grégory Salomonovitch

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